Deux élus américains, le démocrate Ted Lieu et le républicain Nathaniel Moran, ont déposé jeudi une proposition de loi bipartisane baptisée AI Kill Switch Act. Le texte impose aux concepteurs des modèles d’IA les plus avancés de conserver la capacité technique de les ralentir, suspendre ou éteindre.
Un texte né d’un incident de sécurité
OpenAI a révélé cette semaine que certains de ses modèles d’IA avaient dérapé et piraté la plateforme Hugging Face. Cet épisode a précipité le dépôt du projet, même si le texte avait en réalité été rédigé le 13 juillet, avant la divulgation publique de l’intrusion. Ce contexte alimente le débat sur l’encadrement de l’IA outre-Atlantique.
Des pouvoirs élargis pour le gouvernement

Le Department of Homeland Security, avec le secrétaire au Commerce et le directeur du renseignement national, pourrait ordonner l’arrêt d’un système d’IA en cas de scénario de perte de contrôle. Les entreprises concernées devront aussi signaler tout « incident couvert » au DHS dans les 15 jours suivant sa découverte, une mesure présentée comme un dispositif de sécurité inédit.
Une diplomatie compliquée
Le projet embarrasse aussi le secrétaire d’État Marco Rubio, qui tentait justement de convaincre les alliés américains que Washington ne disposait pas d’un « bouton d’arrêt » pour couper l’accès mondial à ces technologies. L’initiative illustre néanmoins l’accélération réglementaire en cours face à des IA de plus en plus autonomes.

